Jimmy Gladiator

Tapis Franc et autres cadeaux provos de Jimmy Gladiator, Editions Rafael de Surtis.

Rébellion culturelle, poésie, anarchie, syndicalisme révolutionnaire, surréalisme… la vie et l’œuvre, l’une reflet de l’autre, de Jimmy Gladiator échappent à toute présentation.

Ce recueil d’intensités variées, aux multiples et improbables rencontres, rend compte de moments de vie, de provocations, de cris, de tendresses et d’amours dont le lien, indestructible, réside dans une volonté sans faille de liberté, parfois au prix de celle-ci.

Extraits :

« Nous n’avons pas assez cassé en 68, pas assez comploté avec les Egaux, pas assez pendu de flics ni bouffé de curés en Espagne 1936 ; et peut-être en tout cela, pas aimé, totalement.

De consistance ubique, notre appétit est immense.

Depuis, nous traînons des nostalgies de casseurs : (…)

Depuis, nous sommes des amant(es) irréprochables. Superbement mauvais en tout. Sauf en Insurrection et en Amour. (…)

Le seul mot en lequel nous aimons nous mirer est outlaw. »

« Rien n’est jamais acquis. Cela vaut pour l’amour, pour la poésie, pour la liberté. La vie, déjà, nous le savons et nous ne cessons jamais de l’oublier. Il y a toujours péril, chacune de nos conquêtes est toujours précaire, chacune de nos croyances est toujours menacée de déclin. Nos fatigues mêmes ont tout du bivouac. Notre rage se double de tristesse plus qu’à son tour, de la tristesse d’être sans grande puissance, d’être dérisoirement démuni.

Le 2 Mai, ils ont jeté mes amis à la rue. Je les ai vus embarquer des meubles et des colis dans des camions : je les ai vus murer portes et fenêtres ; ils avaient déjà fait le silence sur la place de la Réunion, ils avaient fait le silence au 67 rue des Vignoles. Un grand air de corbillard, les gestes du cimetière, obscènes obsèques. »

« La critique littéraire encyclopédique admet Süe, Féval, Verne, Dumas fils parmi ses auteurs, Hubert Juin, chez 10/18, avait exhumé Bloy, Darien, Schwob, Mirbeau et même Péladan. Lacassin réhabilite les grands méconnus du polar, de la bande dessinée, de la science-fiction, du roman d’aventures. Les surréalistes citaient Tailhade et Leroux tout en s’enthousiasmant pour Fantômas et Musidora. Les anarchistes, enfin, rééditent régulièrement Pelloutier, Pouget, Zo d’Axa.

Tous, assez curieusement, oublient ou font mine d’oublier celui qui, à cheval sur deux siècles, fut tout à la fois romancier populaire de grande volée, polémiste de haute invective et militant révolutionnaire de premier plan : Michel Zévaco. »

« Lettre ouverte d’injures au Ministre de l’intérieur.

(…) D’où tenez-vous, pauvre crétin, que l’ennemi de votre nation fécale est une jeune fille venue il y a très longtemps d’une île tropicale baignée d’un océan ? Ses camarades de classe, ses professeurs, ses voisins de quartier ne l’ont pas entendu ainsi et sont en grève reconductible pour exiger son retour. A elles et à eux, salut ! A vous monsieur, crève salope !

Fieffé salaud, nous savons tous que, et ce sera votre plaidoirie de défense pour un procès futur, vous n’êtes qu’un membre parmi d’autres d’un gouvernement autoritaire maqué à la classe sociale possédante et que vous vous conformez visqueusement au programme politique de votre parti droitier. C’est ce qu’ils disaient tous à Nuremberg il y a soixante ans.

J’ai entendu parler d’une époque où ce qui faisait jouir les universités de la plus flatteuse réputation était le nombre d’étudiant-e-s venant du bout du monde pour en suivre l’enseignement. Oui, je sais, c’était au Moyen-Âge, à la renaissance, et même jusqu’à la « Belle Epoque », alors que vous, débris incontinent, vous êtes moderne, libéral et ne connaissez du mot « normalisation » que son acception financière. »

Les propos, justement illustrés, réveillent, arrachent des endormissements organisés par la caste des commerçants et des financiers et exigent de s’extraire des vulgarités spectaculaires de notre bête époque.

Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint Michel, 81170 Cordes sur Ciel, France.

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