Luc-Olivier d’Algange

Propos réfractaires de Luc-Olivier d’Algange, Editions Arma Artis.

Ce livre poursuit le travail de l’auteur sur la question de la Tradition face à la modernité. Il rappelle inlassablement le beau, le bien, le vrai et dégage un véritable procès initiatique autour du rapport à la mort. « Est libre celui qui sait mourir » rappelle-t-il. Le « savoir mourir » est ici une opérativité immortalisante. Savoir mourir est un art de vivre en présence et en communion.

 

« Mon impression que tous les moments vécus sont à égale distance du moment présent, – avec pour conséquence que j’aime toujours avec une égale intensité tout ce que j’ai aimé. Ce que l’on aime, à la différence de ce que l’on consomme, ne s’épuise jamais. Amour des sources, Tradition. Les êtres et les choses ne s’éloignent ni ne s’usent, causes perpétuelles de leur acte d’être.

Ceux qui savent, sans conditions, se réjouir de presque rien, sauveront le monde car ils seront les témoins de l’inconditionné. »

 

Luc-Olivier d’Algange en appelle à une aristocratie de l’Esprit, une axiocratie capable de traverser la réalité, profane, pour accéder au Réel, épiphanique.

 

« Un monde aristocratique au plein sens du terme n’est pas un monde où quelques-uns s’arrogent des privilèges ou s’évaluent selon des critères au demeurant flous et variables, mais un monde où la générosité domine le calcul, où le dispendieux et le pauvre ne sont pas honnis ou méprisés, où l’acte d’être, l’être à l’impératif (esto) est plus important que l’être au substantif (étant), où les valeurs cèdent le pas aux principes.

L’aristocratie comme projet et non comme muséologie. L’aristocratie, certes, comme nostalgie est traversée de pressentiments. Aristéia : scintillement à la fine pointe des Temps, à la proue du Vaisseau dans le périple odysséen.

Unité transcendante, communion secrète, par-delà les espaces et les temps de toutes les âmes odysséennes, de toutes les herméneutiques sacrées. La Toison d’Or nous ordonne, Récipiendaires, nous obéissons à notre plus haute liberté. »

 

Luc-Olivier d’Algange fait preuve d’une grande lucidité quant aux mécanismes à l’œuvre dans le monde actuel, réduit et réducteur, compressé et oppressant. Il propose un hédonisme sacré, ni consommant ni consumant, chemin vers une conscience secrète, dans lequel littérature et métaphysique font catharsis et metanoia.

 

« Je dois mon savoir littéraire et métaphysique à mon incapacité à apprendre des choses qui ne m’intéressent pas.

Tout ce qui n’est pas échange avec les Muses est du temps détruit, et non pas perdu, – car les choses et les causes perdues sont l’objet d’une infinie quête créatrice. C’est, bien sûr, en cherchant le temps perdu que s’invente la littérature de l’avenir, en cherchant la parole perdue que la quête initiatique trouve son sens ; en défendant les causes perdues que s’invente la morale chevaleresque et que des victoires imprévisibles nous sont données. »

 

Luc-Olivier d’Algange ne se berce pas de nostalgies de Tradition, son livre est aussi éminemment pratique pour qui sait lire. Il balaie les antinomies inutiles et indique les postures qui évitent l’imposture. En ce sens, son propos est étonnement opératif.

 

« La gnose, dans l’acception première et étymologique du mot, n’est pas le gnosticisme qui répudie le monde comme étant la création d’un dieu mauvais, – mais un approfondissement du sens, un Eros de l’intellect qui ne se contente pas des seules représentations mais désire le plus profond, le plus haut, le plus libre, le plus grand, le plus intense et le plus léger. Le monde visible est pour lui le signe du monde invisible, d’une lumière au-delà de celle que l’œil peut percevoir et dont elle ne serait que l’ombre.

Le monde nous est hostile surtout lorsque nous nous crispons contre lui. Une pointe de désinvolture est nécessaire aux entreprises audacieuses et aux buts lointains. »

Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc.

http://arma-artis.com/

 

 

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Une réponse à “Luc-Olivier d’Algange

  1. Le problème avec vous, Luc-Olivier, c’est qu’à chaque découverte d’un de vos texte, je meurs d’envie d’acheter votre livre. Et vous en écrivez beaucoup… et vous poussez délicieusement à cette seule faculté de raison de vie valable, qui est la déraison.

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