L’empreinte de Krishnamurti

L’empreinte de Krishnamurti. Les mystères de la transmission par Henry Damay, Editions L’Originel – Charles Antoni.

Parmi les enseigneurs non-dualistes, Krishnamurti tient une place singulière par son rapport au langage qu’il utilise pour dissoudre le langage-même laissant libre la place à l’expérience non conditionnée.

Henry Damay rend compte de l’effet de cet enseignement sur lui-même ou sur ce qui enfermait « lui-même ».

« Lorsque l’identification à notre apparence et à notre nom, en tant qu’agissant séparé, commence à être remise en question, la compréhension intellectuelle tend à se transformer en une acceptation totale, non volontaire de ne pas être un individu autonome mais la totalité en mouvement.

Lorsque les voies et les méthodes sont abandonnées il ne reste que la non-voie, très peu gratifiante pour la personnalité fictive, celle-ci ne trouve plus rien pour se substanter et sent que sa survie est gravement menacée.

Une telle structure auto-construite, qui s’est constituée à grand peine depuis la nuit des temps, sait déployer des trésors d’ingéniosité pour se maintenir en l’état, la recherche spirituelle faisant partie de ses moyens pour garder un pouvoir qui n’est qu’un amalgame d’habitudes. »

L’avoir et le faire sont donc impuissants à épuiser cet apparaître, au contraire, ils le renforcent. D’où le non-faire, la non-séparation, la non-identification, le non-forme… jusqu’à la reconnaissance de soi-même comme totalité, comme conscience, l’être en lui-même, conscience en laquelle la totalité du jeu est inscrite.

Krishnamurti appelait avec insistance à l’observation de ce qui est là, puis à la reconnaissance de l’identité entre sujet et objet. Déceler la farce et en rire, librement.

« Lorsqu’il y a concrétisation de la totale absence d’un « moi-je », nous dit l’auteur, cela apporte des changements assez déroutants.

C’est un peu comme si nous avions perdu la pseudo autonomie des actes qui jalonnent notre quotidien ; de plus en plus il y a constat que cela se fait en nous.

Un subtil ancrage s’est produit, prenant de plus en plus de force, avec l’étonnant constat que la volonté n’a rien à voir avec ce phénomène.

Les questionnements antérieurs tendent à se dissoudre dans le mystère d’un non-savoir où il n’y a plus rien à chercher, nulle part où aller, le but qui avait motivé la recherche, se sentir mieux, être autre chose que ce que nous sommes, s’amenuisent insensiblement. Les caractéristiques de la personnalité antérieure continuent à se présenter dans ses états coutumiers, aussi bien heureux que malheureux, mais la réalité illusoire du passé a été démasquée, ainsi que l’inexistence du futur. »

Le propos très subtil de Henry Demay chemine vers la non-séparation. L’éveil, le divin, le soi, peu importe le mot, déjà présents, toujours présents, ne sont pas à rechercher. L’un est inévitable. Cette liberté, qui n’est pas sans éthique, naît de « l’abandon au mystère ». Demeure le silence.

Editions L’Originel-Charles Antoni, 25 rue Saulnier, 75009 Paris, France.

www.loriginel.com

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