Voir

Voir de François Malespine, Editions L’Originel – Charles Antoni.

François Malespine nous invite à « voir » plutôt qu’à « penser », au silence plutôt qu’au discours, fusse-t-il intérieur, à la recherche de notre état naturel plutôt qu’au développement et à l’épanouissement personnels, à la liberté absolue de l’instant plutôt qu’aux mouvements de l’ego dans le temps.

« Cela semble soulever peu d’interrogations, dit-il, de constater que tous les dictateurs pensent et que tous les saints, les sages, les prophètes prônent la vision. Les nazis appliquaient certaines pensées dans les camps, d’autres en famille. A aucun moment ils n’étaient dans la vision. Les plus ardents défenseurs de la foi ont torturé au nom de Dieu. Tous juraient être guidés par une vision claire.

Ils pensaient voir, ils ne voyaient pas qu’ils pensaient.

Et nous, nous pensons que cela concerne « les autres »…

Si cette absence de vision ne conduit pas toujours à de telles horreurs (bien qu’elle soit toujours à l’origine des horreurs dont regorge le monde) elle n’en rend pas moins la vie humaine douloureuse et souvent tragique. »

Mais qu’est-ce que « voir », ce « pont entre voie dualiste et voie non-dualiste » ?

« Voir, poursuit François Malespine, c’est entrer en Conscience. La simple vision du fonctionnement humain provoque un tel impact que la structure de la conscience subjective conditionnée, identifiée, explose, pour un instant ou pour toujours, et fait entrer l’homme en conscience de lui-même et de l’autre, qu’il soit vivant ou inanimé, le mettant en « présence » et en « voir » de sa relation à lui-même et à l’autre. »

Cette non-histoire de liberté absolue qui naît de la non-identification, du silence, de l’impersonnalité, de la non-causalité est présente en toutes les cultures traditionnelles, en toutes les spiritualités. « Voir », c’est s’instruire au sens traditionnel du mot. L’auteur cite Epictète : « S’instruire consiste précisément à vouloir chaque chose comme elle arrive ». La simple présence est la clé de cette instruction qui est aussi liberté, qui « intègre la mort dans notre vie ».

Ce retour au silence, à l’intériorité, à l’intime, à la Conscience-Origine, cette traversée des paradoxes est une évidence fuyante et pourtant inévitable.

« Peu à peu nous devenons présence et ce n’est pas nous qui retournons d’instant en instant au cœur de ce silence que le mental veut fuir, mais la présence elle-même qui revient d’elle-même à elle-même. Tout vouloir se tait. Ce n’est pas une exploration vers, c’est un retour à l’être, là où tout se tait, là où moi devient silencieux. Et nous découvrons alors un silence que nous ne connaissions pas, une immobilité naturelle comme celle du rocher ou de l’arbre, une présence qui n’est plus notre présence. »

Editions L’Originel-Charles Antoni, 25 rue Saulnier, 75009 Paris, France.

www.loriginel.com

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