Casanova à la Maison des Surréalistes

Giacomo Casanova ou l’épuisement du Mal de Paul sanda, Editions Rafael de Surtis.

Casanova est non seulement méconnu mais sa vie et son œuvres sont déformées, tronquées, réduites.

Casanova fut un grand penseur, un philosophe de la liberté pertinent et un grand écrivain. Un écrivain français puisqu’il écrivit directement en français notamment ses célèbres mémoires. Au cœur de son œuvre le corps, ou plutôt les corps, corps, physique, corps amoureux, corps philosophique, corps littéraire, tous corps de liberté. rares sont ceux qui restaurent Casanova dans toutes ses dimensions, audacieuses ou non. Philippe Sollers, l’un des rares.

C’est sur une idée de Michael Ingrassia que Paul Sanda, naturellement surréaliste, fut invité à écrire sur Casanova pour un projet de film de Jean-Pierre Mocky.

Le texte est étrange, alchimique, initiatique comme la vie de Casanova elle-même. Casanova et Saint Germain s’y trouvent comme dans un jeu de miroirs sans fin sur lequel planerait la She de Henry Rider Haggard.

C’est à la fois la queste et la révélation de Elle. Elle, Femme, Mère, Amante, qui éveille et initie.

« Le but véritable est la transmutation des êtres, je suis assailli alors par l’obligation folle de devoir spiritualiser toute cette matière, par la certitude que ce serait l’élixir, le bruit du chaudron, le ravin, la terre qui fond, la bête qui se tourne à la morsure… Dans l’inferno, son être est dans ma peau, et ma peau est dans la sienne.

Elle se prépare à s’évader… Elle psalmodie les mots de Shakespeare : « L’amour est l’étoile qui guide tout navire vagabond. Quel sextant pourrait mesurer sa valeur ? ». »

« Il semble que pour l’efficacité de la Voie alchimique, la féminité de la matière doive être réveillée, par l’acceptation de sa féminité même, de sa capacité à être le dangereux dissolvant, cette eau corrosive capable de réduire à néant la prétention au pouvoir… Ainsi la chute initiale dans la matière est l’oubli d’une condition préalable, la séparation d’avec l’huile de saturne et la couronne d’or. Le corps humain demande ainsi des choses parfaites pour se nourrir, car le corps est le véhicule indissociable de l’âme. Sans doute faut-il ainsi tout expérimenter : le savoir, l’oubli, et le poison que l’immensité a déposé au cœur de la vie… ; et je dis qu’il ne saurait y avoir de Dieu s’il n’y avait eu, auparavant, le néant, car Dieu est le tout et le rien, le plein et le vide, la totalité. Il est l’immensité de la matière et sa non-existence. Et cela dans le même instant, dans la même forme non-existante et existante. L’alchimiste opère par cette géométrie, il mène à bien l’expérience par sa voie, cette Voie sacerdotale qui va passer invariablement par l’oubli… »

Paul Sanda nous offre un texte puissant qui dissout, qui serpente, qui révèle et voile les arcanes de la voie interne du cinabre.

Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint Michel, 81170 Cordes sur Ciel, France.

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