Vague de poètes en Méditerranée

Visages de Poésie. Vague de poètes en Méditerranée. de Jacques Basse, Editions Rafael de Surtis.
Jacques Basse poursuit son inlassable œuvre d’amour avec la Poésie et les poètes. Ce nouveau volume est consacré aux poètes. De nouveau, trois cents poètes, trois cents visages émanés sous le crayon de Jacques Basse, cent portes de mots.
Il existe une conscience méditerranéenne. Elle est terriblement vivante même si elle cherche de nouvelles formes d’expression que ce monde sans nuance voudrait lui refuser.
« Existe-t-il vraiment une spécificité des poètes méridionaux ? interroge Jacques Lovichi dans sa préface. Le grand et définitivement méconnu Germain Nouveau, né à Pourrières (Var), ami de Rimbaud, de Verlaine, et dont Aragon a proclamé haut et fort qu’il n’en était pas « un épigone mais leur égal », ne peut s’apprécier pleinement que sous certaines conditions : nombre de ses vers ne trouvent leur rythme, leur plénitude et leur force musicale que s’ils sont prononcés avec la voix d’un homme du Midi. Du reste, plus qu’en France, il semble qu’à l’étrange les poètes français du monde méditerranéen soient perçus comme tels et fort appréciés pour cela même. Il suffirait d’écouter le britannique Roger Little, les roumains Georges Astalos, Ioan Tzepelea ou Valeriu Srancu (pour ne citer qu’eux) se déclarant « liés par une complicité esthétique rarement vue de nos jours dans le monde de la « création », ou encore la russe Sacha Karvovski et bien d’autres aux quatre coins du monde, pour en avoir confirmation. »
Jacques Lovichi cite alors Bernard Mazo qui, dans la revue culturelle Marseille écrit :
« Pour qui se penche sur l’œuvre de tous les poètes évoqués ici à leur écoute attentive, il semble bien qu’au-delà de la spécificité de chacun d’entre eux, l’essence d’une même culture immémoriale se fasse entendre en arrière-fond de leurs voix poétiques, leur donne une épaisseur, une singularité d’accent, les marquant, à leur insu ou non, du même sceau identitaire. En effet, comment ne pas percevoir à travers le déploiement de leur parole poétique, l’écho d’une même et secrète géographie intérieure, le chant pur et solaire, parfois tragique d’un monde méditerranéen, tout à la fois aride et luxuriant, lumineux et sombrement hanté dans l’incandescence du feu héraclitéen – de ce feu plus ancien que les dieux et les hommes, source de tous les commencements et en premier lieu du logos poétique – l’appel du grand large et des courses lointaines, de « la mer toujours recommencée », de la célébration de la brûlure tout à la fois nourricière et meurtrière du soleil, de la hantise de la mort, du sens tragique et de l’écoulement irréversible du temps. Oui, c’est une grande rêverie méditerranéenne et homérique qui habite ceux-là au point de consumer jusqu’au geste ultime, sous le regard impavide des dieux, les plus désemparés d’entre eux. »
Ce volume, qui rassemble tant de beaux visages forgés par le soleil, habités par une langue et une liberté uniques. Davantage qu’un hommage, il est une célébration de la permanence méditerranéenne, de ce qui perdure derrière les mutations, les bouleversements, d’un ordre poétique qui se joue du chaos. Ces poètes-là ont l’été dans leur veine, suggère un poème d’Emma Schulman. Jacques Basse nous offre une transfusion à ne pas refuser.
Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel

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