Quadrille Magico-Poétique de Serge Torri

Quadrille Magico-Poétique de Serge Torri, préface de Michel Carqué et postface de Paul Sanda, Editions Rafael de Surtis.

Des objets primitifs, oeuvres d’art et vecteurs de magies, entrent dans le champ de notre conscience. Quels signes, quels enjeux, quels rapprochements, quelles fulgurances, opèrent alors en celui qui voit et qui est vu ?
Sur les pas d’André Breton, René Daumal ou Novalis mais aussi de Plotin, Paracelse ou de Swedenborg, Serge Torri explore notre rapport à l’objet magique et, simultanément, la magie de notre rapport poétique à l’objet.
Chaque objet est approché rituellement : contemplation, appel, approche, poème, retrait et fermeture. Le poème constitue l’invocation au sein de ce rituel. Une incision verticale au sein de la conscience, destinée à se faire œil. Car il s’agit bien de « Voir » non de regarder, un art que les peuples dits primitifs cultivaient afin de maintenir et célébrer le lien avec la Terre comme le lien avec le Ciel. Le sens plastique, cher à Malcom de Chazal, renvoie au sens interne, à une verticalité qui demeure.

Bâton de bois animal
et de crin de cheval

de corne d’arbre rame
ou canne pour cul-de-jatte de l’esprit
que je ne saurais tenir
ne sachant comment le prendre

– quel ailleurs de l’ici
quelle flamme d’un feu absent
quelle onde de lumière éteinte
quel sang d’une veine sèche
quelle vouivre
peux-tu donc bien recéler
en tes sèves épinières ?

bâton de bois animal
et de crin de cheval
de corne d’arbre verge télescopique
tuteur spirituel perche immémoriale
dis-moi
– si ton esprit habite maintenant encore
le peuple dont tu restes le mana intégré

et si les dieux, par ta pige,
continuent à monter et descendre en son âme
et revitalisent toujours sa conscience ?

sceptre sculpté pince reptilienne antenne anténatale
rayon noir du Temps vertical

es-tu toujours

arbre vertébral axe du monde levier cosmique
comme chez d’autres autrefois le totem ou le thyrse
chez nous la crosse ou la croix ?

L’objet est vivant, habité de puissances serpentines qui cherchent l’axis mundi. Serge Torri sait que seul le langage poétique, crépusculaire, peut restituer le sens interne qu’il véhicule. L’aventure est incertaine, bien sûr, il est nécessaire qu’elle le soit. Nous ne sommes pas dans un univers-machine mais dans la magie de l’actualisation d’un possible parmi une infinité d’autres.
« Il faudra, précise-t-il, de chaque objet, s’interroger encore et toujours, sur ce qui lui est interne comme externe et dont comptent aussi bien les instances sublimes de l’être que leur propre genèse, que les effets, que les circonstances, les procédures, les matières, le développement de leur avènement. Ou du moins dans un premier temps, créer de nouveaux élans en rapport avec les réquisits les plus élevés de la vie nous redynamisant comme le fétichisme trompeur du langage, l’inversion des valeurs, pour retrouver le sens de leur évaluation, comme ses influences sur le développement humain, la morale (plutôt que le moralisme), la décrispation identitaire…, étant des êtres animés d’un besoin d’infini et portant en nous une référence au merveilleux inextinguible qui appelle à cette source sans nom seule capable d’étancher réellement l’écart nostalgique, ainsi que ce foyer muet qui nourrit nos mythes. »
Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel, France.

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