Thérèse Plantier chez Les Hommes sans Epaules

Les Hommes sans Epaules n°36, nouvelle série, second semestre 2013.

Dans un sommaire très riche, le dossier de ce numéro 36 est consacré à Thérèse Plantier, qui participa au mouvement surréaliste à partir de 1964. Elle s’éloigna du groupe tout en restant fidèle à André Breton à qui elle portait une grande admiration.

Christophe Dauphin nous la présente ainsi :

« Thérèse Plantier, volcan, maelström, feu de brousse ? Aucun lieu qui se laisse facilement appréhender, tous fusent, dialoguent, explosent, toujours coupée la branche où vous tentez de vous accrocher, avec Thérèse vous n’aurez jamais aucune sécurité car : « Poète est la femme qui perd l’équilibre à la moindre mouche – à la moindre poussée. » Originale et chaotique, cette œuvre est l’une des plus fortes de la poésie contemporaine. Thérèse Plantier ? Une grande voix de Femme : « À en vomir je me grignotais – je mâchais ma mère l’angoisse. » Elle nous lance des mots pour une recréation, « des mots si mortels qu’en naît le neuf langage – à réapprendre aux enfants à brasser pour qu’ils battent à nos tempes si fort qu’on se croie fou. » Ce langage, qui n’est plus celui de l’asservissement de la femme, mais de la libération («le temps n’est plus aux femmes qui se plaignent»), du fémonisme, Plantier le nomme le Survrai, dont Alain Bosquet nous dit : « Au milieu des intellectualismes exsangues et des cheveux coupés en seize, Thérèse Plantier est à peu près la seule, aujourd’hui, à mordre dans la vie et à se bagarrer avec la mort. Sa poésie est une affaire de règlement de compte avec elle-même, sa peau, son squelette et son regard intérieur. »

Amour, liberté et intransigeance. Cette femme d’exception est une athlète des mots. La sueur lui sert d’encre et sa queste est héroïque au sens le plus initiatique qui soit. Se libérer de ses chaînes et des illusions de la libération.

« A en vomir je me grignotais

je mâchais ma mère l’angoisse

je me détournais fatalement du devoir

j’avais recours à l’écriture

chaque fois la nuit

tirait le verrou

allumait le voyant

le judas sanglotait

transpercé jamais cicatrisé

je m’entrouvrais le ventre

au cépuscule

sans un pleur sans un commentaire. »

Extrait de Poèmes choisis

 

« Chaque nuit je discerne mieux pourquoi

me guettent les sept lumières

embusquées entre le ciel désert et la terre indiscernable

et qu’elles ont le droit

de me tenir à l’œil

il ne s’agit pas du village

mais des cryptes phosphorescentes placées là

pour me faire prendre conscience

que je deviens de plus en plus lumineuse

car c’est au fond de moi que rampent sept vides blancs

j’ai tardé à le faire

mais je retournerai au village

tout sera en place sous les néons

sauf l’absence. »

Extrait de Les sept lumières

 

Sommaire : Éditorial, Du Fémonisme et du Survrai, par Christophe Dauphin – Les Porteurs de feu : Poèmes de Jean-Pierre Lemaire et Yves Mazagre –  Ainsi furent les Wah : Poèmes de Marie-Christine Brière, Guy Allix, Kristiina Ehin, Lydia Padellec, Sébastien Colmagro –  Dossier: Thérèse Plantier, une violente volonté de vertige, par Marie-Christine Brière, Christophe Dauphin, poèmes de Thérèse Plantier. Une voix, une oeuvre : Jaan Kaplinski, par Karel Hadek, Michel Voiturier, Eric Sénécal – La sculpture du 4ème règne : Virginia Tentindo, par Christophe Dauphin – Le poète de l’extrême : Georges Bataille –  Dans les cheveux d’Aoun : Proses de Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, Odile Cohen-Abbas, Tudor Arghezi, Christophe Dauphin – Les pages des Hommes sans Épaules : Poèmes de Patrice Cauda, Elodia Turki, Paul Farellier, Alain Breton, Christophe Dauphin, Jacques Aramburu – Etc.

Les Hommes sans Epaules éditions, 8 rue Charles Moiroud, 95440 Ecouen, France.

www.leshommessansepaules.com

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