Carlo Suarès : Le Cantique des cantiques

Le Cantique des Cantiques selon la cabale de Carlo Suarès, Editions Arma Artis.

Carlo Suarès, dont on sait toute la pertinence et la sagesse, nous propose une interprétation de ce texte fondamental basée sur le code originel de la cabale.

Le Cantique des cantiques fut l’objet de nombreuses controverses. C’est par l’autorité de Aqîva (40 – 135) qui le considérait comme « une chose très sainte » que le texte trouva sa place dans la Bible. Les exégètes juifs voient dans ce texte une allégorie de l’amour de Yahvé pour son peuple. Les exégètes chrétiens y voient une référence à l’amour du Christ pour son Eglise.

Aqîva n’est pas un mystique, c’est un cabaliste, un spécialiste de l’étude des structures. Il s’intéresse aux Authioth, signes qui ont l’apparence des lettres de l’alphabet hébraïque et qui s’organisent en équations créatrices. Leur manipulation est source de révélation :

« En les manipulant, avertit Carlo Suarès, non seulement le cabaliste devient créateur en énergie cosmique, tout comme un musicien compose au moyen de notes, mais la création cabalistique se produit sur tous les plans à la fois, et recrée le créateur au cours de ses méditations. Le flux de vie non structurée qui l’envahit a pour effet de démolir ses structures psychiques. La psyché meurt et renaît à chaque instant, car le processus de structuration ne s’arrête pas plus que celui de déstructuration. »

Pour Carlo Suarès, le Cantique des cantiques est « vrai sur quatre plans différents qui s’interpénètrent et s’entrelacent de façon à faire passer le lecteur du réalisme au symbole, du symbole à la cabale, jusqu’à l’amener enfin à une contemplation sans paroles, qui échappe à l’entendement. » Il se réfère à « un hébraïsme non altéré, non entaché de mosaïsme ». Par exemple, « si le Schîn peut s’exprimer en toute liberté dans ces poèmes c’est parce qu’il y est invité en l’absence de projections mentales telles que Elohim, Yahveh, ou Dieu ».

Carlo Suarès insiste sur le fait que « la distinction entre l’amour profane et l’amour sacré est étrangère au génie sémitique ». « Nous avons maintes fois montré ajoute-t-il que cet amour, par l’évolution de la femme, par sa graduelle transfiguration, tend à être, en toute réalité, l’expression de ces Noces Cosmiques dont on parle tant et que l’on comprend si peu. » La beauté métaphysique n’est pas séparée de « la réalité sensorielle et sensuelle ». Il faut distinguer l’expérience sublime du Cantique des cantiques des extases d’un Jean de la Croix ou de Thérès d’Avila qui mortifiaient le corps. Il s’agit là de tout autre chose :

« Cette communion « païenne », dans le sens le plus religieux de ce mot, est pour le narrateur (pour le cabaliste), un approfondissement, une extraordinaire unité de vie entre la sphère la plus subtile de l’énergie cosmique, la sphère de l’être humain pleinement intégré physiquement et psychiquement, et la sphère de la nature. »

Carlo Suarès propose une voie directe affranchie des cultures traditionnelles. Il traverse les formes pour prendre en compte directement les énergies qui conduisent aux essences. Il rappelle tout d’abord au lecteur le code chiffré des Authioth afin de mieux saisir leur action « en étendue et en profondeur ».

Après une lecture globale du texte, il en analyse le sens cabalistique et en propose une ou plusieurs interprétations mettant en évidence les points saillants qui font sens. Il interroge les lettres dans leurs rapports verticaux et horizontaux, essentiels et contextués, identifiant les méthodes traditionnelles à l’œuvre, comme celle des résidus : « La méthode des résidus consiste à étudier un phénomène en en retranchant successivement les effets qui résultent de causes connues, de façon à le réduire à un reste quintessencié. ».

C’est une remarquable introduction à un enseignement traditionnel, mis au jour par Carlo Suarès, qui est proposée au lecteur dans ce livre. Des opérativités, notamment alchimiques, en découlent très logiquement puisqu’il s’agit de la mise en œuvre de principes archétypaux au service du retour à l’Un :

« En vérité, si ce texte est « chose très sainte », c’est parce qu’il exprime merveilleusement la paix, la seule paix réelle, celle du mouvement immensurable, universel où le Commencement et la Fin sont Un. »

Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc, France.

http://arma-artis.com/editions-accueil.php

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