In memoriam Jean-Gabriel Jonin

Jean-Gabriel Jonin nous a quittés le 29 octobre 2014, vers quatre heures du matin, une heure matinale propice à la méditation et au départ en voyage. Le voilà en route pour l’Île des Bienheureux mais il demeure parmi nous, dans nos souvenirs, dans les temps de partage intime. Il continue aussi de nous enseigner par son œuvre exceptionnelle.

 

 photo Jean-Gab2

 

Il n’est pas anodin de rencontrer une peinture initiatique. C’est toujours prendre le risque de soi-même en même temps que celui du voyage imaginal. La peinture de Jean-Gabriel Jonin est sans conteste initiatique au sens où elle conduit l’observateur à se rapprocher de lui-même en le faisant passer du statut de simple observateur à celui de témoin de soi-même, avant de laisser le témoin disparaître pour laisser toute la place au Soi, à l’Être. Du « Moi, je… » au « Je suis. ». En cela, sa peinture est bien l’héritière de celle des « grands anciens » comme Salvador Dali, qu’il a côtoyé longuement et de manière privilégiée[1], ou Victor Brauner, le peintre de la haute magie et des voies internes et, plus loin dans les replis du temps, l’improbable Jérôme Bosch ou le Gréco, l’éternel Gréco. De la même manière qu’il existe des lignées initiatiques dans la Tradition, il existe peut-être dans les Arts des lignées de peintres et de poètes, chargés d’éviter à l’humanité l’ensevelissement dans les marais fétides de la bêtise. Ils sont des prophètes, des visionnaires, parfois même à leur insu, de la liberté absolue.

L’art initiatique de Jean-Gabriel Jonin emprunte deux modalités complémentaires, celle de « l’enseigneur », le chemin du symbolisme classique, entendu comme un langage fondamental à vocation universelle, celle du mage-poète, du pressentiment de l’Être, de l’insaisissable, du mot avant le mot. Il s’agit de dominante, l’un n’excluant pas l’autre.

 

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Ce qui frappe même le passant inattentif balayant du regard les toiles de Jean-Gabriel Jonin, c’est l’omniprésence de la Femme. Elle est là, dans sa constance lumineuse et charnelle, inévitable bien que ne s’imposant pas. Le passant, homme ou femme, s’arrête. L’homme pour contempler les arcanes de la nudité féminine. La femme pour affronter, ne serait-ce qu’un instant, son propre mystère.

Toute peinture initiatique révèle la femme et l’érotique sans laquelle aucune voie de libération n’est possible. La chair enseigne l’esprit, l’esprit enseigne la chair. Érotique et érotisme se fondent.

La peinture de Jean-Gabriel Jonin, peinture initiatique en soi, célèbre la beauté, toujours présente sous les manteaux déguenillés des peurs, des angoisses, des désirs et des interrogations, pour nous rapprocher de nous-mêmes, de notre part indivisible.

http://www.jean-gabriel-jonin.com/

[1] Lire Jours intimes chez Dali de Jean-Gabriel Jonin, préface de Sarane Alexandrian, Editions Rafael de Surtis et Editinter.

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