Nisargadatta, l’ultime guérison

L’ultime guérison de Nisargadatta Maharaj, Editions Almora.

La réédition en poche de cet ensemble d’entretiens avec Nisargadatta (1897 – 1981), entretiens qui datent de la dernière année de sa vie est l’occasion de rappeler l’importance de cet enseignement direct et essentiel. L’approche d’une mort prochaine a rendu les propos de Nisargadatta encore plus dépouillés et éveilleurs. Ainsi :

« Visiteur : Ce que Maharaj expose, pour employer les termes de la Gita, est-ce jñana-marg ?

Maharaj : Non, pas la voie du jñana. Être établi dans la connaissance est différent, jñana-marg veut dire que vous avancez sur un chemin. Votre destination est la connaissance « je suis », être établi dans cette connaissance.

V : Selon la Gîta, c’est jñana.

M : Marg signifie que vous essayez toujours d’avancer. Je ne désire avancer d’aucune façon.

Quand vous pensez au « chemin », vous avez à l’esprit une lointaine destination vers laquelle vous devez marcher. Le fait est que vous êtes exactement au point d’arrivée ; quelle est la nécessité d’un chemin ?

V : Peut-on l’atteindre ?

M : Spontanément. C’est l’état naturel, la destination. Malheureusement, vous êtes aux prises avec toutes sortes de concepts et vous êtes embourbé dans leur marécage.

En vérité, « vous êtes » ; quoi de plus spontané et de plus naturel. »

Nisargadatta tranche dans la linéarité et la grammaire de l’apparaître. Il ne laisse pas l’attribut se rattacher au sujet laissant « je suis » libre de toute identification réductrice.

« Il n’y a pas de changement dans votre état. Vous étiez parfait avant de venir ici, et maintenant que vous partez, vous êtes également parfait. Il ne saurait y avoir aucun changement nulle part. Mais vous sentez un changement maintenant, alors vous êtes heureux ! Si « vous êtes » est une impression, toute autre expérience ultérieure est aussi une impression. Où est-il question de bonheur ou de malheur ? Tout n’est qu’impression.

Quand vous évoluez dans le monde, recevant les recommandations de diverses personnes, les diverses techniques, les méthodes que vous étudiez, et que vous aboutissez à une certaine conclusion, que vous arrive-t-il vraiment ? Vous demeurez le même et ne voyez pas que ce périple n’était pas du tout nécessaire. Il n’y a aucun avis indispensable de personne. Il n’y a aucun changement en moi. Vous ne faites que promener votre ignorance dans le monde, si vous ne faites que fermer les yeux et dire « je ne peux voir, je ne peux comprendre ».

Tant que vous êtes identifié au corps, votre abandon n’a aucun sens. Que veut dire le progrès ? Il n’est pas question de progrès dans le sens spirituel. Être de plus en plus certain de la parole du guru, comprendre davantage votre nature véritable, c’est tout ce qui compte. Autrement, il n’y a aucun progrès spirituel ou voie spirituelle, car vous êtes Cela. Mais vous devez en être absolument certain.

Qu’en est-il des visions que vous avez en médiation ? Ne leur accordez pas trop d’importance. Le seul miracle est que lorsque vous savez que vous êtes, vous voyez également le monde. Cela veut dire que dans votre conscience individuelle le monde entier est présent. Cela en soi constitue sûrement un miracle : voir le monde avec votre conscience. Quel plus grand miracle désirez-vous ? »

La parole, libre et inattendue, de Nisargadatta dissout tous les concepts. Quand il n’y a plus rien, ni corps, ni personne, seul l’état originel, éternel, ultime demeure.

A la fin du livre, se trouve une parole ultime de Nisargadatta :

« La somme et la substance de mon enseignement sont ceci : ne soyez pas déloyal envers votre souffle de vie ; adorez cela et rien d’autre, habitez cela et rien d’autre, acceptez-le comme vous-même. Ce genre d’adoration peut vous mener partout, à n’importe quel sommet ; voilà la quintessence de mes entretiens.

Dorénavant, vous devez vous identifier au souffle de vie. Vous verrez alors s’ouvrir cette touche d’existence individuelle qui habite le souffle de vie, comme le sucré de la canne à sucre. Comprenez ces paroles, ces conseils. Assimilez cela et, tant que le souffle de vie coule en vous habitez cela. Quand le souffle de vie est là, vous êtes là et Ishvara aussi.

Personne n’a présenté cette connaissance profonde de façon aussi simplifiée. »

Editions Almora, 51 rue Orfila, 75020 Paris, France.

www.almora.fr

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