Le Yoga selon Vasishta

L’essence du yoga selon Vasishta, introduction, traduction du sanskrit et notes de David Dubois, Editions Almora.

Une nouvelle fois, David Dubois met à notre disposition un joyau. Cette fois, c’est un classique de la littérature indienne qui nous est proposé. Le Yoga selon Vasishta est un long poème de 28000 versets rédigé en sanskrit, la langue parfaite de l’Inde, reflet de la réalité telle qu’elle est. Le texte, regrette David Dubois, demeure peu connu bien que traduit en persan et source des Mille et une nuits. Il fut condensé en moins de deux mille versets par un moine mendiant indien, Swami Jnânananda Bhârati. C’est cette version qui constitue la matière de ce livre.

« Il est clair, nous confie David Dubois, que ce livre est inclassable, même s’il véhicule un message non-dualiste : le monde, nos terreurs et nos idoles sont faits de l’étoffe des songes. En vérité, le monde est l’Immense (Brahman), le mystère ineffable, le Bien par-delà bien et mal, et notre Soi, notre vraie nature. A celui qui examine de près le monde, il se dévoile comme espace de présence indicible, paix parfaite et joie sans cause. Puisant à toutes les sources de son temps, l’auteur ne se convertit à aucune. A travers mille tempêtes de l’univers dont il sait user pour faire avancer son navire salutaire, il garde le cap : l’océan sans rivage de la conscience.

C’est que, spontanément, la conscience sans formes s’imagine comme formes innombrables, êtres et mondes, dieux et démons, à l’image d’un miroir qui ne peut s’empêcher de produire des reflets. Mais la conscience, simple mais féconde, se perd dans sa propre créativité, comme un joyau caché par son propre éclat. Le but de cette thérapie est de réveiller la conscience, de lui faire reconnaître sa liberté de toujours, afin qu’elle jouisse pleinement de ses pouvoirs, au lieu d’en pâtir. »

L’imagination est reconnue comme prison. Il faut s’en libérer. De même que le langage peut dissoudre le langage, Vasishta utilise l’imagination pour se libérer de l’imagination. L’enchaînement des histoires, l’emboîtement inattendu des métaphores, la dérive spontanée des images, les intervalles qui tranchent dans la narration, conduisent au silence et à la joie. Cependant, derrière l’apparence irrationnelle, la démarche, qui vise la traversée des constructions imaginaires, est rigoureuse. C’est un chemin vers la transparence.

« Ainsi, précise David Dubois, l’être retrouve sa liberté de toujours. Cette liberté est compatible avec la vie quotidienne. Le monde ne disparaît pas. A l’instar d’un rêve lucide, il continue, mais sans imagination. Notre texte consacre de longs et beaux versets à essayer de décrire cet état paradoxal et familier à la fois. Paradoxal parce que tout est changé, et rien n’est changé. La vie continue. D’ailleurs, Vasishta affirme qu’il n’y a aucun signe extérieur pour reconnaître cette liberté chez autrui. On ne peut que la reconnaître en soi-même par la paix qu’elle procure, décrite en particulier comme « fraîcheur intérieure ». Mais elle est aussi familière, car nous traversons souvent, dans la journée, des moments de vie pure, sans projection imaginaire. La liberté consiste en la perpétuation de ces moments. Quand l’être éveillé ne pense ni ne perçoit, il est plongé dans la pure conscience. Quand il est actif, il demeure dans cette fraîcheur, ce silence intérieur, et il perçoit toutes choses comme un spectacle de magie. Il n’y a donc pour lui pas de différence substantielle entre agir ou ne pas agir. »

Editions Almora, 51 rue Orfila, 75020 Paris, France.

www.almora.fr

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