La physique de la conscience

La physique de la conscience de Philippe Guillemant et Jocelin Morisson, Guy Trédaniel Editeur.

Philippe Guillemant est un ingénieur physicien du CNRS, spécialiste du chaos et de l’intelligence artificielle. Déjà auteur de La Route du Temps, consacré à une nouvelle théorie de l’espace-temps, Philippe Guillemant a développé de nombreux travaux innovants qui participent à un renouvellement de l’alliance entre sciences et métaphysiques. Assisté de Jocelin Morrison, journaliste, il nous offre, avec ce nouvel essai, un voyage passionnant aux limites de la conscience, reprenant, scientifiquement, certaines explorations des philosophies non-dualistes.

Le premier pas consiste à reconnaître la subjectivité comme première qualité humaine et source de notre créativité en renonçant à notre prétention à l’objectivité :

« … depuis que la physique a rendu illusoire le statut même de l’observateur – dans certains cas, ce qui est observé n’existe que par le fait même d’être observé -, et qu’elle a sapé la base même de l’objectivité en réduisant la nature du réel à des concepts subjectifs, à savoir la matière, le temps et l’espace… il y a sérieusement lieu de se poser la question : le maintien du critère de l’objectivité en sciences est-il vraiment objectif ? »

Dans ce livre, qui traite avec clarté de sujets d’une immense complexité, Philippe Guillemant développe un autre rapport scientifique au temps et au monde, celui de la conscience.

Dans la première partie du livre, il met en évidence l’erreur fondamentale de la science qui ignore la dimension quantique des phénomènes macroscopiques, ce qui produit plusieurs illusions. Il interroge la possibilité de réalités parallèles, actualisées ou non, selon un rapport de conscience.

Couv Guillemant

Dans la deuxième partie, il propose un modèle cybernétique de la conscience en trois étages :

  • « vécu automatique d’une réalité qui produit une conscience trop limitée (anima) pour éveiller de réelles intentions capables de faire évoluer en retour son système d’information, mais suffisante pour recevoir de l’information et maintenir grâce à elle une faible entropie (animaux) »
  • « vécu par le moi d’une réalité à futur contrôlable, sous la pression d’un système d’informations mentales et émotionnelles susceptible d’éveiller suffisamment la conscience du moi pour entraîner l’apprentissage du système lui-même (humains) »
  • « un troisième niveau (…) essentiellement inconscient, dans la mesure où il correspondrait à ‘idéal irréalisable du soi, où la totalité du dessein porté par son système d’information parviendrait à s’exprimer dans la réalité du moi. Si c’était le cas, il faudrait s’attendre à avoir ici-bas une conscience du soi, donc une conscience capable de percevoir son futur. »

Cette approche introduit un concept fondamental, que les traditions initiatiques et les philosophies de l’éveil connaissent bien, celui de la rétrocausalité qu’il faut associer à celui de « la résistance du futur » :

« Nos intentions causent des effets dans le futur, qui deviennent à leur tour les futures causes d’effets dans le présent. »

La troisième partie propose un autre paradigme au sens de la vie et au libre arbitre et prépare le lecteur à la quatrième et dernière partie de cet ouvrage passionnant, L’homme et le robot. Après avoir pointé les nombreuses idées fausses à propos de l’intelligence artificielle et La maladie des systèmes de pouvoir, il nous conduit à des applications concrètes de ce nouveau modèle qui passe par une transformation de la pensée pour actualiser d’autres réalités que celle née des conditionnements les plus grossiers.

« Nous pouvons résumer toute la « physique de la conscience », que j’ai ébauchée dans ce livre, conclut Philippe Guillemant, en disant que le rôle de la conscience, encore incompris, est d’assurer la croissance du serpent, c’est-à-dire la fabrication de notre réalité physique. Et comme toute réalisation qui utilise un outil, en l’occurrence celui de la conscience qui façonne l’espace-temps, il faut savoir dissocier l’outil de sa création et ne pas dire que cet outil disparaît lorsqu’il cesse de nous toucher. A notre mort, cet outil disposant de six dimensions vibratoires ne fait que se détacher de la création qui en dispose de trois, et aucune disparition n’intervient dans cette affaire, pas même de la vie que ‘outil vient de quitter. Il y a simplement une disparition du « curseur du temps illusoire » qui témoigne du détachement de la conscience. »

Ce beau livre, ou cette belle pensée, car c’est de la beauté de la conscience et des mondes, qu’il est finalement question, et de sa liberté, permet d’inclure de manière cohérente des modèles qui s’opposent dans les visions dualistes. En ce sens, la contribution de Philippe Guillemant est essentielle pour pénétrer les mondes infinis au lieu de rester sur leurs rives.

Guy Trédaniel Editeur, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris.

www.editions-tredaniel.com

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