Cheminer avec Valère Sataselski

 

Entretien avec Valère Staraselski de Vincent Ferrier, collection Portraits, Editions L’Ours Blanc.

Valère Staraselski inaugure cette nouvelle collection, Portraits, voulue par l’équipe des Editions L’Ours Blanc pour proposer d’autres rencontres, atypiques, que celles organisées par la Société du Spectacle que dénonçait déjà Guy Debord.

Ecrivain talentueux, engagé, exigeant, à la croisée des mondes et des cultures, habitué des chemins de traverse et des écoles buissonnières, Valère Staraselski est un romancier, avant tout un penseur, à la fois éveilleur politique et philosophe du quotidien, c’est-à-dire qu’il vit en philosophe, qu’il vit en incarnant ce qu’il enseigne et transmet. Un homme rare par conséquent dans un monde où l’artifice est célébré à chaque instant.

Couv Valère

Valère Staraselski, c’est une œuvre considérable. Des romans dont Un homme inutile, Une histoire française, Nuit d’hiver, L’adieu aux rois, Sur les toits d’Innsbruck, des romans historiques, des romans intimistes, qui interrogent nos sociétés et portent des sens profonds. Des essais, notamment ceux consacrés à Aragon dont il est l’un des tout meilleurs spécialistes, et des livres qui témoignent comme Un siècle d’Humanité 1904-2004 ou Un siècle de Vie ouvrière. Des nouvelles aussi et de très nombreux textes publiés dans des ouvrages collectifs. Une constante : la liberté, la fraternité, l’humanisme, la profondeur de l’être incessamment rappelée, restaurée, y compris à partir de la matière lourde et sordide qu’est le pire de l’être humain. Parfois dans un cri, parfois dans un murmure, parfois dans un chant d’amour.

Vincent Ferrier décline les thèmes qui structurent l’architecture de l’œuvre de Valère Staraselski. Ils sont aussi les traces du cheminement d’un homme : la nation, l’altruisme, le christianisme, le communisme, le militantisme, la littérature, la femme…

Viennent ensuite des analyses des différents ouvrages de Valère Staraselski par Vincent Ferrier et une sélection de chroniques diverses concernant ses ouvrages, des regards différents et complémentaires portés sur les aspects forts d’une même œuvre.

Quelques extraits des réponses de Valère Staraselski aux questions de Vincent Ferrier :

A propos de son engagement communiste :

« Néanmoins, pas question pour moi de me dédire, mais je dois avouer que tenir un engagement communiste, un tant soit peu utile, un engagement au service du bien commun qu’on peut nommer, je le répète, du communisme, est devenu une entreprise qui, depuis quelques temps, tient de l’héroïsme. Pour Mahmoud Darwich : « Les héros, tel est le sort, sont toujours acculés à des batailles inégales face à l’ennemi. » (En chacun de nous, quelque chose d’Arafat) ou du sacerdoce ajouterai-je…

Par ailleurs, je veux dire dans des conditions politiques, historiques qui sont les nôtres aujourd’hui, celles du capitalisme généralisé, ce qui me frappe le plus, c’est la progression fulgurante dans de larges couches de la population, non pas de l’immoralité seulement mais de l’amoralité. Mais ceci est un autre aspect de notre époque… »

A propos du bonheur, de la conscience et de la liberté :

Ce que je pense ? Le bonheur n’est pas interdit, il est même nécessaire, mais il ne doit pas primer sur le devoir. Du reste, cela ne me paraît pas contradictoire avec ces mots de Raoul Vaneigem lorsqu’il affirme dans Le Chevalier, la dame, le diable et la mort : « La conscience que le bonheur de chacun s’accroît du bonheur de tous est plus utile à la révolution de la vie quotidienne que toutes les objurgations éthiques de l’intellectualité militante. » Il dit bien la conscience, car que chacun continue à vivre, à jouir de sa liberté sans aucune attention à l’autre, et les catastrophes arriveront ! »

A propos de la femme et du féminin :

« Et lorsqu’une personne aimée ou qu’on a aimé, qui est sa propre mère, voit sa vie saccagée par une maladie mentale incurable, ou bien qui est un être avec qui on a vécu et s’est construit, subit en pleine force de l’âge, une descente aux enfers et meurt d’un cancer, c’est-à-dire d’une mort terrible, injuste et scandaleuse, alors s’applique à l’infini ce que profère l’écrivain tchèque Bohumil Hrabal : « L’amour est la loi la plus haute et cet amour est compassion. ». »

Cheminer avec Valère Staraselki, c’est se rapprocher de soi-même, se découvrir dans le regard lucide de l’écrivain et du lutteur, découvrir notre être intrinsèque au sein même de la complexité et des contradictions de l’humain.

L’Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris.

http://assocloursblanc.over-blog.com

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