AVEL IX. Le port, les ports

AVEL IX. Poésie, art, littérature n°30. Le port, les ports. Les Amis de la Tour du Vent 2016.

Ce numéro de la belle revue AVEL IX débute avec un texte de Théophile Briant, daté de 1951, intitulé « Mission du poète dans la technocratie ».

Théophile Briant s’inscrit dans le spas de René Guénon et de Gabriel Marcel pour traiter de la victoire annoncée du règne de la quantité sur le règne de la qualité, victoire inscrite dans l’hyper-développement de la technique. Il en appelle à « la Pensée libre » et à la « libre Poésie » pour contrer la toxicité « des techniques d’avilissement » pour restaurer « la valeur intrinsèque » :

« Or c’est cette « valeur intrinsèque » (au-dessus de la monnaie), qu’il importe de restaurer, face aux techniques d’avilissement qui sont déjà sorties des camps de concentration pour s’infiltrer dans la propagande, dans la Presse d’information et jusque dans les relations humaines.

Le poète a la parole. D’abord, parce qu’il reste la fleur de l’humanité. Ensuite parce que son métier n’étant pas « rentable » (suivant une expression à la mode) il ne peut être suspecté de collusion avec les organisateurs de la corruption générale.

D’où la nécessité pour lui de changer sa lyre d’épaule et d’interpeller les maîtres du jour, en suscitant dans la foule des réactions de défense. Nous ne pouvons plus nous désintéresser de ce qui se trame en direction des élites, dans « les ténèbres extérieures ». Nous sommes plus que jamais responsables les uns des autres. »

Depuis ce message visionnaire, la situation n’a cessé de se dégrader et pourtant, et pourtant, la poésie tient bon, la beauté tient bon, au milieu même de la fange et de la laideur du monde.

Cette revue est consacrée au port et aux ports, à la symbolique si profonde, à la fois comme ouverture vers l’infini et comme escale ou point de retour d’un voyage aussi intérieur qu’extérieur. Textes, poèmes et peintures superbes d’Alain Bailhache orientent le lecteur vers la liberté qui naît de chaque port.

 

L’invisible port

 

Il me souvient d’un jour de neige

Où le spas, à peine, se posaient.

Je sais

J’entrerai nue dans le règne

Où tu m’as précédée.

 

Délivrer les mots tout vifs

Forgés au creuset de l’âme

Comme pains chauds, respirant bon.

Porter l’espérance de l’aube

Et danser parmi les stèles.

 

Lumière sur la chair cicatrisée

Epreuve achevée du corps.

 

Dans le miroir

Eau devenue tranquille

Je te sais parvenue à l’invisible port.

 

                              Danièle Auray

                              (La Source de sable)

 

 

Sommaire : La Tour du Vent comme port par Béatrix Balteg – Mission du poète dans la technocratie par Théophile Briant – Marée Mostrum par Patrice Leroux – Ces pontons déserts où les rêves sont restés à quai par Charlotte Cabot – Littérature de voyage et mythologie des ports de Saint-Servan par Sophie Chmura – Poèmes – L’enfant de l’équinoxe par Théophile Briant – Etc.

 

Association des Amis de la Tour du Vent, 87 avenue John Kennedy, 35400 Saint-Malo, France.

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