Jacques Basse, Hommage à eux

Hommage à eux de Jacques Basse, Mondial Livres.

Avec ce dernier livre dont il confie que ce sera vraiment le dernier mais qui sait ?, Jacques Basse vient clore un cycle remarquable qui inclut les six tomes de Visages en poésie rassemblant, œuvre unique, les poèmes manuscrits et les portraits au crayon réalisés par Jacques Basse de six cents poètes contemporains. Un témoignage essentiel dont on se rendra compte dans quelques années de l’importance.

Ce nouvel opus propose deux cents sonnets, dédicaces, hommages de Jacques Basse à deux cents personnalités qui habitent son monde de partage, deux cents sonnets et les deux cents portraits de leurs dédicataires. Il est intéressant que Jacques Basse, vrai poète, renoue avec la forme classique dont nombre de poètes reconnaissent qu’elle offre une liberté sans égale. La contrainte crée une liberté nue favorable à la création.

Dans son introduction, Marc Wetzel nous fait pénétrer dans le monde et l’intention de Jacques Basse :

« On va découvrir ici le monde de Jacques Basse, et voilà deux surprises : d’abord, il n’y a ici ni choses ni événements, seulement des personnes. Et puis, son monde n’a rien de lui, il n’est littéralement fait que des autres. Pourquoi ?

D’abord, ces gens, à l’évidence, sont réunis par une commune admiration. Basse admire beaucoup, et comme méticuleusement : c’est que, sans une intense estime pour certains êtres humains, on ne peut guère, en soi-même, rejeter la tentation de l’inhumain, ni compenser le mortel mépris que nous inspirent leurs petits camarades de vie – mépris qui, livré à lui-même, tuerait bientôt toute confiance en l’humanité du prochain, comme dans le suivi de la sienne propre. C’est ainsi : seule la grandeur de volonté ou d’intelligence de certains êtres par nous rencontrés (dans la rue aux livres ou dans le livre des rues) nous sauve de la si commode et immunisante petitesse. »

Dans le monde de Jacques Basse, ces deux cents portraits participent à une sage et indispensable réconciliation avec le monde, de l’abbé Pierre à Simone Veil, en passant par Robert Badinter ou Philippe Soupault, Paul Ricoeur, Serge Torri, personnalités connues ou moins connues, membre de ce que Marc Wetzel désigne comme une « baroque armée de doux extra-lucides ».

 

Voyons maintenant l’un de ces sonnets, hommage de Jacques Basse à Hélène Grimaud :

 

Lorsqu’on vous fit on fit la beauté d’Eve.

Souffrez que je sois celui qui ose savoir

Quel est l’ange qui a posé dans vos rêves

Ces dons qu’il n’est possible de concevoir.

 

Tout est couleur en elle, la musique l’envie.

Elle peint Bach en fa dièse, au bleu piano.

C’est une fleur dont la fragrance orange vit,

Que l’abeille qu’un scarabée butine en duo.

 

Poète, elle parfume de rose tous ses poèmes,

Et transcende le vers par le mot qu’elle aime.

Ecrivain de renommée, sa plume est ivresse.

 

Son charme est grand et sa beauté suprême

Ravissante ô que je suis-je loup moi-même,

Et lorsqu’on vous fit on fit tout ce que j’aime.

 

Le double regard de Jacques Basse, mot et trait, à la fois précis et tendre, célèbre la vie, porte au plus haut les poètes et tranche dans l’incertitude pour révéler la beauté au cœur de l’être humain.

http://www.jacques-basse.net/

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