Oulipo, mode d’emploi

Oulipo, mode d’emploi sous la direction de Christelle Reggiani et Alain Schaffner, Editions Honoré Champion.

C’est en 1960 que Raymond Queneau et François Le Lionnais fondent l’Oulipo, Ouvroire de Littérature Potentielle. Rattaché au Collège de ‘Pataphysique, l’Oulipo a commencé sous la forme d’une société secrète, en rupture avec d’autres mouvements comme le surréalisme ou l’existentialisme. Pour Raymond Queneau, la littérature potentielle est la «  la recherche de formes, de structures nouvelles et qui pourront être utilisées par les écrivains de la façon qui leur plaira ». Refusant de se dire mouvement littéraire, ce n’est que peu à peu que vont se préciser les objectifs, notamment par la rencontre avec les bourbakistes. Les oulipiens sont passés maîtres dans l’utilisation des contraintes pour libérer la créativité. L’Oulipo a agrégé des personnalités très différentes, a multiplié les pistes et les ouvertures pour devenir un vaste mouvement « mutagène » et protéiforme à l’influence aussi certaine que difficile à cerner.

Les études rassemblées dans ce livre forment une contribution de référence, théorique et critique, sur cet anti-mouvement qui en est devenu un, au risque maîtrisé de s’institutionnaliser.

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Sommaire : Préface de Jean-Jacques Thomas – L’Oulipo et la science de Hugues Marchal – Oulipo et art contemporain de Dominique Moncond’huy – L’Oulipo et la langue de Christelle Reggiani – Masculin / féminin : l’écriture oulipienne a-t-elle un genre ? de Christelle Reggiani – La place du lecteur : contrainte et lisibilité de Franck Wagner – Oulipo international de Camille Bloomfield – L’Oulipo en public de Coraline Soulier – Et si l’Oulipo faisait école ? de Coraline Soulier – La sociabilité littéraire de Christelle Reggiani –  Du roman oulipien au roman de l’Oulipo de Virginie Tahar – Du théâtre booléen au « théêtre » jouetien : de la difficulté d’une dramaturgie oulipienne de Marc Lapprand – L’Oulipo et l’autobiographie : petite étude d’autobioformes de Véronique Montémont – La traduction comme pratique oulipienne : par-delà le texte « original » de Camille Bloomfield et Hermes Salceda – L’écriture de l’essai de Christelle Reggiani – Usage des genres populaires de Virginie Tahar – Une littérature de jeunesse oulipienne ? de Eléonore Hamaide-Jager – Ecritures en collaboration par Alison James – Machines littéraires, machines numériques : l’Oulipo et l’informatique de Camille Bloomfield et Hélène Campaignolle – Les hypertextes oulipiens constituent-ils un genre ? de Pablo Martin Sanchez – Roubaud écranique de Peter Consenstein – Faire (écrire) en atelier de Coranine Soulier – L’Oulipo et la radio de Virginie Tahar.

On le voit, sans épuiser un sujet par nature et par construction inépuisable, les auteurs rassemblés dans cet ouvrage permettent de reconsidérer la richesse et la diversité du corpus oulipien.

https://www.honorechampion.com/

 

Plus sur l’Oulipo : http://oulipo.net