Shams de Tabriz

La quête du Joyau. Paroles inouïes de Shams, maître de Jalâl al-din Rûmi.  Traduction, introduction et notes par Charles-Henri de Fouchécour. Editions du Cerf, 24 rue des Tanneries, 75013 Paris.

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Shams de Tabriz fut le maître, l’ami, le compagnon de Mowlâna Jalâl al-din Rûmi. Eveillé contestataire, libre de toutes les adhérences, son enseignement percutant est comme un jaillissement.

Charles-Henri de Fouchécour met pour la première fois à notre disposition l’enseignement exceptionnel de Shams à travers les notes prises par ses disciples, les Maqâlât, relues par le maître, et retrouvées après des siècles.

« Shams de Tabriz, nous dit-il en introduction, est de ces personnes qui naissent habiter de l’intérieur, tandis que d’autres découvrent la raison de leur vie au long d’un parcours imprévu. Ses parents ont soigné son éducation, il leur en fut reconnaissant, mais il s’est tôt senti d’une autre trempe que celle de son père. L’enfant étonnait par sa précocité. Il n’eut de maître qu’un cheikh, qui vivait à l’extérieur des confréries soufies d’Azerbaïdjan. Insatisfait, il s’en sépara tôt. Le reste de sa vie est une grande quête. C’est aussi le temps d’une maturation spirituelle d’exception. Auprès de Jalâl al-din Rûmi, il constatera qu’il était devenu comme un arbre magnifique, ne tenant ce qu’il était d’aucune lignée à laquelle on aurait pu le rattacher… »

Le livre qui restitue les Maqâlât témoigne des échanges entre Shams et Rûmi pendant les vingt mois qu’ils partagèrent à Konya. Le texte montre également la relation compliquée de Shams avec les autres cheikhs que son enseignement dérange, un enseignement qui ne s’adresse pas à des disciples communs :

« Au temps des Maqalât, Shams n’est plus en train de former des disciples. Les personnes auxquelles il destine sa parole sont celles qui participent à la conduite spirituelle des humains dans le monde. Mowlâna en est l’exemple concret. Shams « sonde leur valeur » », comme il le dira. Mais il ne laisse personne en chemin. Il admire la spiritualité d’un cordonnier, celle d’une femme âgée, d’un non-musulman, d’un chrétien en quête d’ouverture. Entre les grands et les petits, il y a les hommes engagés sur la Voie du soufisme, et tout spécialement les plus avancés. C’est cette expérience qui a fortifié sa réflexion sur la relation entre maître et disciple. »

L’amour est au cœur de son enseignement, un amour non conditionné, libre de toute adhérence. Shams invite à la nudité totale de l’être, sans attribut. Si Shams fut formé à l’école du soufisme azerbaïdjanais, son enseignement s’adresse à tous ceux dont les besoins sont d’abord spirituels.

« Quand, au cours d’un entretien, je cite un poème, j’ouvre une brèche, dit Shams, et je donne le sens de son secret. Certains deviennent muets, subjugués par le sens. Chez Mowlânâ, il n’y a pas de mutisme, seulement la subjugation (ghalabe) par le sens. Chez certaines gens, c’est l’insuffisance de sens. Ceci ne me concerne en rien. »

Charles-Henri de Fouchécour propose plus de trois cents pages de paroles de Shams, annotées et placées dans leurs contextes quand cela est nécessaire. A la fin de l’ouvrage, il présente un précieux ensemble de clés de lecture qui permettent une vision globale de la pensée de Shams, ce maître qui n’eut comme assistant que le cœur.

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