Le cabaret du Chat Noir

Le cabaret du Chat Noir, histoire artistique, politique, alchimique et secrète de Montmartre de Richard Khaitzine. Editions Le Mercure Dauphinois, 4 rue de Paris, 38000 Grenoble, France.

http://www.lemercuredauphinois.fr/

Le spécialiste de la Langue des Oiseaux qu’est Richard Khaitzine ne pouvait que se passionner pour l’histoire artistique et ésotérique mouvementée de Montmartre. Dans la période incertaine qui suit la Commune, le cabaret du Chat Noir est un lieu magique où se côtoient la plupart des grands noms de l’époque mais aussi des anarchistes et des aventuriers. Le Chat Noir fondé dans le dernier quart du 19ème siècle eut une vie agitée et riche de rencontres inattendues. Artistes, conspirateurs, occultistes, hermétistes s’y donnèrent rendez-vous.

Couv Chat Noir

Au fil des pages, des documents, témoignages, illustrations, Richard Khaitzine laisse se dessiner la silhouette mystérieuse de Fulcanelli, maître d’oeuvre d’une opération tant artistique qu’alchimique.

D’abord taverne, le Chat noir sut se faire cabaret. Ce fut Fulcanelli qui dans Les Demeures philosophales, ouvrage publié en 1930, attira l’attention sur ce cabaret de Montmartre, le désignant comme un centre ésotérique et politique mystérieux. Le Chat Noir, comme cabaret est né d’une rencontre entre Rodolphe Salis, considéré comme tuteur ou créateur de l’établissement, et Emile Goudeau, habitué des cafés littéraires et l’un des fondateurs du Club des Hydropathes en 1870. Salis donna au cabaret sa spécificité. Il accueillait des artistes et des auteurs afin que ceux-ci puissent présenter leurs œuvres ou même écrire et dessiner sur place. Les habitués se frottaient régulièrement aux bandes qui écumaient le quartier. Un drame conduisit le Chat Noir a quitté le boulevard Rochechouart pour la rue de Laval. C’est ce que Richard Khaitzine désigne comme la seconde vie du Chat Noir qui devint un lieu de spectacle.

L’auteur décrit la « vie officielle » du Chat Noir avant de présenter sa vie cachée. Dans cet espace très à part se mêlent artistes, anarchistes et hermétistes. Cette époque est effervescente, c’est celle des Papus, Péladan, Guaita, Saint-Yves d’Alveydre, entre autres. Dans Paris, plusieurs lieux rassemblent ésotéristes, peintres et poètes. Sous la plume de Richard Khaitzine, ces lieux prennent vie et le Chat Noir apparaît comme un creuset d’où sortiront les œuvres les plus diverses, bousculant souvent les conformismes de l’époque. Gaston Leroux mit en scène dans certains ouvrages les mystères, ou les mythes, inscrits dans la demi-obscurité de l’époque.

Le travail de Richard Khaitzine contribue à restaurer l’alliance qui nous est si chère entre artistes et hermétistes. Il ravira tous ceux qui ont la nostalgie d’une période féconde où la création, sous toutes ses formes, pouvait encore investir quelques lieux hors du temps où la chair pouvait s’unir avec l’esprit. Alors, il n’était pas nécessaire de réenchanter le monde.

Le Chat Noir est un véritable prototype de cabaret, un lieu qui laisse vivre l’esprit derrière la superficialité et la légèreté apparentes quand, de nos jours, on tue l’esprit derrière une prétendue rigueur intellectuelle.

Très documenté, cet écrit rend compte, sans le dénaturer, sans chercher à en épuiser les mystères, d’un foyer de création dont l’influence demeure malgré tout. Cette nouvelle édition, revue et corrigée, est bienvenue pour secouer notre époque.

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Lectures croisées d’un imaginaire du temps

Lectures croisées d’un imaginaire du temps. Essai d’anthropologie historique comparée sous la direction de Georges Bertin. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

Cet ouvrage collectif  offre un très beau sommaire au lecteur passionné par la recherche sur l’imaginaire : Pour une herméneutique du temps de Georges Bertin – Le calendrier celtique de Paul Verdier – Carnaval ou le Temps à  l’envers de Georges Bertin – Banvou, histoire d’un nom au Pays des Grandes merveilles par Claude Letellier – Le temps des Indo-européens de Bernard Sergent – Imaginaire et histoire cyclique par Lauric Guillaud.

 

Couv Imaginaire

 

Afin d’explorer les mythes en leur multiples dimensions et d’en retirer connaissances et expériences, Georges Bertin propose la mise en œuvre d’une herméneutique du temps. En s’appuyant sur les travaux de personnalités fort diverses comme Henri Laborit, Jean Borela ou Gilbert Durand, c’est une véritable pédagogie du mythe que recherche Georges Bertin :

« Celle-ci est à la fois :

– instituante, en fixant les mythes dans une tradition, un terroir, un topos particulier, ce qui entraîne une limitation de leur sens,

– spéculative dans la mesure où le Mythe doit rester intelligible aux groupes sociaux concernés, puisqu’il permet de poser à son sujet la question de l’être, il est facteur de communication et Marcel Mauss nous enseignait jadis qu’on ne peut communier et communiquer entre hommes que par symboles.

– intégrative, car il ne devient efficace qu’intégré à soi-même et nous amène à édifier notre corps spirituel en même temps que nous l’accomplissons selon sa vérité profonde. L’herméneutique l’actualise comme il nous actualise. »

Carnaval est un thème idéal pour Georges Bertin en raison de sa proximité, de son intimité même, avec l’imaginaire. A la fois intervalle et célébration, Carnaval est indissociable de Pâques et du Carême. Le fou, le charivari, les veillées mascarades et cavalcades, la mise à mort du roi, l’enterrement de Carnaval évoquent la dimension dionysiaque de cette fête dont la fonction sociétale fut de première importance, notamment aux 15e  et 16e siècles :

« La contre-culture qui éclot à cette époque, indique Georges Bertin, y gagne en même temps que, au sens propre, ses lettres de noblesse, une audience et une reconnaissance publique. Le réalisme et la provocation de l’Art Roman, le monstrueux présent dans toutes les églises sont là pour en témoigner, au même titre que l’exaltation du bas corporel, de la laideur et du grotesque dans les images d’une fête populaire laissant issir tout ce qui avait trait au bas ventre.

De fait toutes les tendances régressives, les plaisirs et défenses d’ordinaire contenus pouvaient se donner libre cours dans le Carnaval.

La licence extraordinaire que l’on pouvait constater dans les manifestations de la fête des Fous, du Carnaval était en effet profondément ambiguë : contestation de l’ordre établi, libération du paraître et du discours en même temps que récupération, exutoire, et au bout du compte confortement de l’ordre social. »

Et Georges Bertin d’avertir avec force et raison :

« Que disparaisse Carnaval de nos pays aseptisés, de nos systèmes culturels où déjà règnent en maîtresses absolues téléparticipation mentale, société du spectaculaire et imageries virtuelles, et le souffle froid de la mort sociale se ferait bientôt sentir, présageant sans doute inévitablement le retour de dieux beaucoup plus violents.

Entre le multiple et l’un, entre le temps des origines et celui de la nécessité, tant que vit la fête carnavalesque vit encore sans doute notre liberté. »

Les différentes contributions rassemblées dans ce livre relèvent de cette anthropologie de l’imaginaire que Gilbert Durant a promu, discipline qu’il y a urgence à reconnaître comme des plus essentielles à l’humanité.

Les Hommes sans Epaules et la Beat generation

Les Hommes sans Epaules, n°42.

Voici un numéro très Beat puisqu’une bonne partie de cette nouvelle livraison des HSE célèbre les poètes de la Beat Generation : Claude Pélieu, Gregory Corso, Bob Kaufman, Lawrence Ferlinghetti, Allen Ginsberg…

L’hommage commence avec l’éditorial de Christophe Dauphin :

« Hier comme aujourd’hui, le monde a besoin de gens comme les beats, révoltés éblouis et pacifiques, clochards célestes, poètes hallucinés, étrangers au formatage généralisé de la société cybernétique. Davantage qu’une pratique d’un mode d’écriture ou d’un langage novateur, la Beat generation est un mode de vie contestataire, une révolte qui en appelle à la recherche d’autres espaces mentaux et géographiques, d’autres expériences où s’effaceraient les frontières (entre les gens comme entre les arts), la misère initiale, l’image d’une Amérique repliée sur elle-même. Les artistes de la Beat generation aspirent à devenir selon la formule d’Allen Ginsberg : « des vagabonds de la nuit, intelligents et melvilléens ». (…)

La mystique poétique et lunaire des beats est bien loin de la religion telle qu’elle pollue encore et toujours notre atmosphère.

Les poètes ont leur mot à dire sur le sujet. Pourquoi ? Parce que « le poète est celui qui transgresse pour notre compte la règle de l’accoutumance », nous dit Saint-John Perse. »

Le dossier Beat se révèle très actuel des deux côtés de l’Atlantique, entre la tentation populiste des USA et le faux débat laïcité/religion de la France. Christophe Dauphin en appelle à Abdellatif Laâbi pour redire ce qu’est ou devrait être la laïcité, contre tous les obscurantismes, y compris athées.

Le dossier, établi par Pierre Joris et Alain Brissiaud est consacré à Claude Pélieu, l’un des maîtres du cut-up, mais pas seulement, pour nous offrir une œuvre forte et réellement originale, toujours à découvrir. Le dossier, sans faire le tour d’un personnage complexe et nécessairement insaisissable, livre plusieurs facettes talentueuses de l’homme et de sa création, souvent dévastatrice.

 

Soupe de lézard

 

Odeur de bois vert.

Je rêve dans les prés bleutés de mon enfance.

 

Odeur de bois vert.

Les prés bleus de mon enfance.

Photos fanées d’une merveilleuse banalité

Salade de fruits, biscuits, piquette, violettes, boutons d’or. Derrière ces murs les haillons pourris de la « creative writing », les cerveaux morts des profs secoués de tics – plaques d’égouts fumantes – tout sombre dans les sargasses de crème fouettée. D’un côté poésie, de l’autre rien, moins que rien.

Les empires sur lesquels le soleil ne se couchait jamais. Je rêve. Temps doux. Début d’hiver sans neige. Le parfum des fougères toujours tenace.

Eventails de couleur disparaissant derrière les trembles & les peupliers.

La rivière ne fait guère de bruit, gardienne de tous les secrets.

Nuages orchestrant cette féerie.

Vrai, nous sommes du chromo, de la croûte.

L’herbe bleue recouvre tout ce qui germe.

Abeilles. Alouettes dans les blés d’automne.

La chasse est ouverte. Echos tristes au fond des canyons & des gorges touffues, silence dans la Sierra, le monde a un goût de cendre.

Tout est vendu. Invisibles dangers. Nuages plaqués contre le ciel pierreux. On dirait une peinture de Magritte.

Fantômes tombés du firmament.

Le sablier de l’éternité tout de leurs spectacles. 

 

Sommaire :

Editorial : « Le poète n’admet pas qu’on fonde une religion sur ses vertèbres ou sur son cerveau », par Christophe Dauphin – Le portrait des HSE : « Portrait du poète, à l’écharpe rouge : Pour Yves Bonnefoy » par Christophe DAUPHIN, avec des textes de Yves BONNEFOY  – Les Porteurs de Feu : Hans Magnus ENZENSBERGER, par Karel HADEK, Cees NOOTEBOOM, par César BIRÈNE, Poèmes de Hans Magnus ENZENSBERGER, Cees NOOTEBOOM –Ainsi furent les Wah 1 : Poèmes de Lawrence FERLINGHETTI, Gregory CORSO, Bob KAUFMAN, Vim KARENINE, Gérard CLERY, Odile COHEN-ABBAS, Alain BRISSIAUD  – Dossier : Claude PELIEU & la Beat generation, par Pierre JORIS, Alain BRISSIAUD, Poèmes de Claude PELIEU, Jack KEROUAC, Julian BECK, Allen GINSBERG, Carl SOLOMON, Pierre JORIS, Bruno SOURDIN, Ed SANDERS – La mémoire, la poésie : Allen GINSBERG le poète-Amérique, par Claude PELIEU, Christophe DAUPHIN, avec des textes de Allen GINSBERG – Ainsi furent les Wah 2 : Poèmes de Jacqueline LALANDE, Yves BOUTROUE, Frédéric TISON, Serge NUNEZ TOLIN, Martine CALLU, Patrick BEAUCAMPS, Samaël STEINER – Une voix, une oeuvre : Colette KLEIN, par Gérard CLERY, Poèmes de Colette KLEIN – Dans les cheveux d’Aoûn (prose) : Roger VAILLAND, l’infréquentable par Jehan VAN LANGHENHOVEN – Les Entretiens des HSE : « A propos de Pierre PINONCELLI », par Virgile NOVARINA, Marie-France DUBROMEL, avec des textes de Pierre PINONCELLI – Les pages des Hommes sans Epaules : Poèmes de Guy CHAMBELLAND, Elodia TURKI, Paul FARELLIER, Alain BRETON, Christophe DAUPHIN – etc.

Ce numéro, au sommaire remarquablement riche, introduit le lecteur à la Beat generation en évitant les nostalgies rêveuses et tardives, en quête d’une tension créatrice libérée des contractions de la médiocratie.

Les Hommes sans Epaules, 8 rue Charles Moiroud, 95440 Ecouen, France.

http://www.leshommessansepaules.com/

Cheminer avec Valère Sataselski

 

Entretien avec Valère Staraselski de Vincent Ferrier, collection Portraits, Editions L’Ours Blanc.

Valère Staraselski inaugure cette nouvelle collection, Portraits, voulue par l’équipe des Editions L’Ours Blanc pour proposer d’autres rencontres, atypiques, que celles organisées par la Société du Spectacle que dénonçait déjà Guy Debord.

Ecrivain talentueux, engagé, exigeant, à la croisée des mondes et des cultures, habitué des chemins de traverse et des écoles buissonnières, Valère Staraselski est un romancier, avant tout un penseur, à la fois éveilleur politique et philosophe du quotidien, c’est-à-dire qu’il vit en philosophe, qu’il vit en incarnant ce qu’il enseigne et transmet. Un homme rare par conséquent dans un monde où l’artifice est célébré à chaque instant.

Couv Valère

Valère Staraselski, c’est une œuvre considérable. Des romans dont Un homme inutile, Une histoire française, Nuit d’hiver, L’adieu aux rois, Sur les toits d’Innsbruck, des romans historiques, des romans intimistes, qui interrogent nos sociétés et portent des sens profonds. Des essais, notamment ceux consacrés à Aragon dont il est l’un des tout meilleurs spécialistes, et des livres qui témoignent comme Un siècle d’Humanité 1904-2004 ou Un siècle de Vie ouvrière. Des nouvelles aussi et de très nombreux textes publiés dans des ouvrages collectifs. Une constante : la liberté, la fraternité, l’humanisme, la profondeur de l’être incessamment rappelée, restaurée, y compris à partir de la matière lourde et sordide qu’est le pire de l’être humain. Parfois dans un cri, parfois dans un murmure, parfois dans un chant d’amour.

Vincent Ferrier décline les thèmes qui structurent l’architecture de l’œuvre de Valère Staraselski. Ils sont aussi les traces du cheminement d’un homme : la nation, l’altruisme, le christianisme, le communisme, le militantisme, la littérature, la femme…

Viennent ensuite des analyses des différents ouvrages de Valère Staraselski par Vincent Ferrier et une sélection de chroniques diverses concernant ses ouvrages, des regards différents et complémentaires portés sur les aspects forts d’une même œuvre.

Quelques extraits des réponses de Valère Staraselski aux questions de Vincent Ferrier :

A propos de son engagement communiste :

« Néanmoins, pas question pour moi de me dédire, mais je dois avouer que tenir un engagement communiste, un tant soit peu utile, un engagement au service du bien commun qu’on peut nommer, je le répète, du communisme, est devenu une entreprise qui, depuis quelques temps, tient de l’héroïsme. Pour Mahmoud Darwich : « Les héros, tel est le sort, sont toujours acculés à des batailles inégales face à l’ennemi. » (En chacun de nous, quelque chose d’Arafat) ou du sacerdoce ajouterai-je…

Par ailleurs, je veux dire dans des conditions politiques, historiques qui sont les nôtres aujourd’hui, celles du capitalisme généralisé, ce qui me frappe le plus, c’est la progression fulgurante dans de larges couches de la population, non pas de l’immoralité seulement mais de l’amoralité. Mais ceci est un autre aspect de notre époque… »

A propos du bonheur, de la conscience et de la liberté :

Ce que je pense ? Le bonheur n’est pas interdit, il est même nécessaire, mais il ne doit pas primer sur le devoir. Du reste, cela ne me paraît pas contradictoire avec ces mots de Raoul Vaneigem lorsqu’il affirme dans Le Chevalier, la dame, le diable et la mort : « La conscience que le bonheur de chacun s’accroît du bonheur de tous est plus utile à la révolution de la vie quotidienne que toutes les objurgations éthiques de l’intellectualité militante. » Il dit bien la conscience, car que chacun continue à vivre, à jouir de sa liberté sans aucune attention à l’autre, et les catastrophes arriveront ! »

A propos de la femme et du féminin :

« Et lorsqu’une personne aimée ou qu’on a aimé, qui est sa propre mère, voit sa vie saccagée par une maladie mentale incurable, ou bien qui est un être avec qui on a vécu et s’est construit, subit en pleine force de l’âge, une descente aux enfers et meurt d’un cancer, c’est-à-dire d’une mort terrible, injuste et scandaleuse, alors s’applique à l’infini ce que profère l’écrivain tchèque Bohumil Hrabal : « L’amour est la loi la plus haute et cet amour est compassion. ». »

Cheminer avec Valère Staraselki, c’est se rapprocher de soi-même, se découvrir dans le regard lucide de l’écrivain et du lutteur, découvrir notre être intrinsèque au sein même de la complexité et des contradictions de l’humain.

L’Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris.

http://assocloursblanc.over-blog.com

Cinquième Empire

Ensaio sobre a doutrina do Quinto Império de Jacinto Alves, Chaido Editora.

Cet ouvrage s’inscrit dans la perspective de la mission lusitanienne pour le monde. Le Portugal, ce grand pays, et son peuple, ce grand peuple, ont offert le monde à l’Europe dans un regard hautement spirituel fondé sur les mythes du Cinquième Empire et du Roi Caché et sur le culte du Saint Esprit.

Couv Jacinto

Jacinto Alves rappelle aux lecteurs que cette mission est transhistorique et fait sens à chaque âge de l’humanité. Si l’ouvrage participe à la vision lusophone développée par le Mouvement International Lusophone, le projet abordé est bien universel.

C’est par un renouvellement de la doctrine du Cinquième Empire qu’une nouvelle alliance avec la fonction politique et même une restauration du Politis est étudiée ici sur la base du rationalisme chrétien. A travers la doctrine du Cinquième Empire, c’est l’aspect révolutionnaire du christianisme originel qui est évoqué. Cette doctrine est initiatique et la question posée, essentielle, est de son application en toutes les dimensions de la société. Il s’agit bien de réaliser une projection sociétale de la Jérusalem Céleste sur terre et d’établir un nouvel ordre économique et social.

Nous retrouvons dans ces pages la question de la queste du Graal, la mission de l’Ordre du Temple devenu l’Ordre du Christ au Portugal, l’influence des franciscains et des jésuites dont sont extraits valeurs, critères, croyances créatrices. Tout comme à l’époque des Découvertes, Jacinto Alves insiste sur la nécessité scientifique de la démarche. Il s’agit bien d’une science de l’Esprit, une science fondatrice pour une nouvelle aventure destinée à l’émergence du nouvel homme, de l’homme complet, au développement duquel contribuent toutes les traditions initiatiques.

Jacinto Alves passe de la doctrine du Cinquième Empire à une doctrine de la citoyenneté universelle que le Portugal est sans doute le seul à même à expérimenter. Le Portugal est destiné une nouvelle fois à être le laboratoire de l’humanité. S’il s’agit bien d’une utopie, il faut l’entendre comme « ce qui n’est pas encore là mais doit advenir ».

De très nombreux auteurs portugais, malheureusement absents en France, ont porté et portent ce message. Si tout le monde connaît Fernando Pessoa, de nombreux penseurs essentiels nous sont inconnus, de Leonardo Coimbra à Agostinho da Silva, qui forment pourtant une assemblée exceptionnelle dont les œuvres cumulées se révèlent un fantastique réservoir de créativités au service de l’humanité.

www.chiadoeditora.com

Politique de la cité et philosophie portugaise

Un nouveau parti politique basé sur les principes de la philosophie portugaise vient d’être fondé autour de notre ami Jacinto Alves. Seul le Portugal est capable de générer ce type d’utopie créatrice, porteuse de nouveaux paradigmes sociétaux appelés à influencer concrètement le futur qui approche. En rétablissant l’alliance entre la Cité et le Jardin, entre Politique, Science, Art et Spiritualité, c’est à l’être humain intégral et non plus morcelé par une modernité maladive que s’adresse ce nouveau mouvement de pensée à la croisée des traditions et des avant-gardes.

O  NOVO PARTIDO POLÍTICO 

O “PCCIP” 

O PCCIP – Partido Cooperante, Cooperativo e Inovador Português é uma figura simbólica que pela sua geometria representa efetivamente os opostos de uma dada ideologia filosófica/política sempre presente ao longo de milhares de anos na História da Humanidade. Na verdade representa e em termos semânticos os extremos dessa mesma ideologia filosófica traduzindo-se em conceitos ligados a diferentes binómios, tais como: escravos/senhores; nobreza/ gleba, trabalho/capital ou ainda as diferentes esquerdas/direitas de políticas partidárias! Finalmente o símbolo “PCCIP” na sua tradução literal é: – Partido Cooperante, Cooperativo e Inovador Português – PCCIP.
O idoso, ou sejam as gerações mais idosas, a chamada terceira idade, representam na verdade a última e mais importante fase da vida humana que na realidade é o somatório de todo o conhecimento e experiências humanas acumuladas durante uma vida física. As pessoas mais idosas atingiram o máximo desenvolvimento mental sustentado por uma mais desenvolvida espiritualidade, o que os tornam mais aptos na utilização da sua capacidade mental utilizando a ação e força do pensamento consciente e devidamente direcionado para ações de elevado valor moral, intelectual e espiritual.

Na verdade vão ser as gerações menos jovens que irão estabelecer de forma mais eficiente a ligação com as entidades superiores espirituais que habitam as dimensões mais avançadas da vida universal que observam e supervisionam a humanidade do planeta Terra.
De facto o desenvolvimento e aprofundamento da democracia participativa e quando o cidadão comum estiver preparado e consciente dos seus deveres, ele saberá praticar uma nova forma de cidadania, onde o capitalismo selvagem e a exploração desenfreada dos recursos naturais e dos próprios seres humanos que na sua situação de pobreza e maior dependência já não tiverem lugar e as conhecidas e decadentes correntes ideológicas derem lugar a uma nova sociedade onde princípios como a Solidariedade; a Sobriedade; a Cooperação e Espiritualidade serão uma realidade consistente nas novas sociedades humanas e verdadeiramente irão dar origem a uma nova ordem política, económica e social e tendo como base o cultivo e a prática real da espiritualidade daí irá nascer uma Nova Teoria Política que o PCCIPPartido Cooperante, Cooperativo e Inovador Português irá transmitir à Humanidade que na verdade será a Doutrina do Quinto Império defendida pelo Padre António Vieira; Fernando Pessoa;  Agostinho da Silva e por outros ilustres Portugueses que vieram ao longo da História de Portugal sempre a defender e sendo a Doutrina do Quinto Império  na realidade uma doutrina verdadeiramente  Lusófona.
“Deus Escreve Direito por Linhas Torta” fundamentando-se numa nova conceituação cooperante e cooperativista para a Lusofonia e porquê? Porque ao analisarmos a já longa história do Povo Português verificamos que a necessidade de sobrevivência dos Portugueses tem vindo a ser sempre uma constante na vida deste povo secular.
A necessidade de expansão do Condado Portucalense, iniciado pelo Conde D. Henrique e prosseguido e consolidado pelo seu filho D. Afonso Henriques, veio definitivamente a definir as fronteiras naturais, geográficas e politicas de Portugal. Tratando-se de um povo bloqueado pela imensidão oceânica do Atlântico e pela poderosa barreira representada pelos territórios de Castela, tinha naturalmente de lutar face `as necessidades de sobrevivência territorial procurando expandir-se através do imenso e desconhecido mar atlântico.

Uma vez que a conquista de Marrocos lhe foi vedada em 1578, na famosa batalha dos Três Reis – em Alcácer-Quibir
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Na verdade é com o nosso Rei D. Dinis que começa a ser delineado um projeto de expansão marítima que iria permitir ao povo português poder sobreviver movido por uma ingente necessidade, sendo na verdade que graças à imposição da necessidade dramática e dai surgindo uma poderosa e esmagadora força obrigando os Portugueses a um enorme esforço de vontade, sacrifício, sofrimento, abnegação e inteligência a descobrir novos mundos para o mundo e dai, efetivamente começou a surgir a origem da Lusofonia.

Tem sido sempre a necessidade imperiosa de sobrevivência dos Portugueses que ao longo da sua Historia, os tem vindo a levar a tomar diferentes iniciativas, como por exemplo: as sempre crescentes emigrações param diferentes partes do mundo, levando conhecimentos, capacidade de trabalho e de iniciativa indo beneficiar os diferentes povos situados na África, Ásia, Américas e na própria Europa.

Tal como em séculos anteriores, ciclicamente o povo português, mais uma vez está emigrando de uma forma quase maciça, somando ou alcançando um número cada vez maior de pessoas que deixam o país. A atual crise que assola Portugal tem estado a levar a um sucessivo empobrecimento que na nossa opinião trata-se de uma ação planeada pelo atual governo de maioria neoliberal, que obedecendo a um plano previamente estabelecido por si numa clara perspetiva de mudança ideológica, sustentado e orientado pelo atual poder vigente em Bruxelas, caracterizado por uma ideologia neoliberal, de natureza economicista, fria e implacável perfeitamente enquadrada nos planos de um capitalismo desumano, insensível e selvagem, apenas visando o lucro para satisfação de uma minoria de seres humanos exploradores e portadores do grande capital representado pelos mercados financeiros especulativos e tendo como sua policia as agencias de notação;

O atual poder político que governa Portugal, formado por uma tríade, onde o Presidente da Republica; o Primeiro-ministro e o Vice-Primeiro Ministro são o rosto português do verdadeiro poder dominante em Bruxelas.

De uma forma histórica poderemos comparar essa mesma tríade portuguesa, repartida pelas respetivas entidades que a compõe aos exemplos de um Napoleão Bonaparte, em França ou de um Hitler na Alemanha, como sendo detonadores psíquicos que no seu contexto próprio vieram a alterar dramaticamente a evolução própria dos diferentes povos e de entre eles, o português.

Perante este circunstancialismo que está envolvendo de forma dramática o povo português e face a esse mesmo circunstancialismo gerador de miséria, de fome, desemprego de milhares e de milhares de cidadãos quer mais jovens e ou menos jovens levando-os como único recurso a emigrar, procurando novos países onde venham a recuperar a esperança perdida, emigrando para as antigas colónias africanas, Américas, Ásia e Europa indo enriquecer aqueles diferentes países e empobrecendo o seu próprio pais, enfraquecendo-o e despovoando-o e dai poder resultar uma possível extinção de Portugal como nação soberana e independente!

Nada de novo foi inventado e o ser humano de forma sábia e consciente compreende e segue de forma racional e progressiva as lições e os exemplos extraordinários que a Natureza através das suas leis tem vindo a imprimir desde a formação do planeta e dessa mesma ação surgiu a manifestação multi-diferenciada da vida orgânica e inorgânica na Terra. No caso específico do ser humano ao nascer neste mundo físico vai naturalmente ser submetido a uma iniciação adequada à sua formação e desenvolvimento estando então sujeito às quatro fases vivenciais que compreendem em sentido evolutivo a infância; a juventude; a maturidade e finalmente a velhice, o que surpreendentemente poderemos comparar na respetiva ordem natural à Primavera; ao Verão; ao Outono e ao Inverno!

Todas as fases da iniciação por que passam os seres humanos compreendem sempre a sua formação global e o seu desenvolvimento que vai contemplar diferentes campos evolutivos, tais como: o somático, o psíquico e o  espiritual. Na realidade e no que se refere à nova figura institucional do futuro Partido Político igualmente poderemos considerar que o respetivo militante irá ter uma iniciação em conformidade com a natureza e estruturas ideológicas do referido Partido, passando por uma fase de formação cívica; política e de militância.

Conforme afirmámos inicialmente e no campo cívico/moral o iniciado militante deve assimilar e praticar os quatro princípios básicos já referidos que são exatamente – a Sobriedade; a Solidariedade; a Cooperação e finalmente a Espiritualidade, sendo este último princípio correspondente ao Inverno da vida do ser humano – estação onde aquele atinge a plenitude do seu desenvolvimento intelectual e espiritual.

Eis, pois uma boa conclusão ao seguirmos o exemplo da Mãe Natureza, aplicando a mesma orientação seguida por aquela num novo modelo ou figura institucional de um dado partido político, indo buscar a história; a cultura do respetivo país, inspirando-se no caso de Portugal nas suas históricas e nobres Ordens Religiosas Militares, restaurando mesmo o espírito da Ordem de Cristo e insuflando-o nas mentes jovens portuguesas, desenvolvendo o amor-pátrio e mobilizando-as numa causa superior da Nação como objetivo máximo e conducente ao desenvolvimento material e espiritual de Portugal e nessas mesmas bases desenvolver então um projeto de Lusofonia integralmente virado para a cooperação e solidariedade com todos os países que falam a língua portuguesa e daí dando razão ao grande poeta Fernando Pessoa que afirmava que “ A minha Pátria é a Língua Portuguesa.

De facto, nós Portugueses dispomos de material riquíssimo que nos poderá permitir desenvolver uma nova perspetiva de vida, partindo de novas premissas completamente soltas, livres de cansadas ideologias ortodoxas, onde poderemos optar por uma nova economia de autos-sustentação em que a importância do “lucro” passa a um plano inferior substituído por novos ideais de vivência e desenvolvimento sociais onde princípios como a Solidariedade; a Sobriedade; a Cooperação e a Espiritualidade serão os pilares fundamentais de uma nova ordem social, política e económica fundamentada em princípios cooperantes e cooperativos baseados no conhecimento de um espiritualismo cientificamente avançado iremos alargar a nossa compreensão do Universo na importante busca de conhecê-lo e sobretudo de nos conhecermos a nós próprios como entidade vivas, inteligentes e formadas por corpo e espírito, buscando, assim conhecer finalmente a verdadeira razão da nossa origem e o porquê da nossa existência no contexto universal onde são uma realidade transcendente a transformação da Matéria e a evolução da Força!

Jacinto Alves, membro fundador da ACPC – Academia do Conhecimento Portus Cale e escritor e ensaísta e autor dos livros – « Operação: Quinto Império » (Editora Ecopy); « Ensaio Sobre a Doutrin a do Quinto Império » (Chiado Editora; « Os Arquitetos do Universo – História do Homem Futuro »(Em preparação).

La littérature contre les dictatures

Les écrivains contre les dictatures en Europe centrale, orientale et occidentale par Alain Vuillemin, Editions Rafael de Surtis.
En 1989, Alain Vuillemin avait publié aux Editions Méridiens-Klincksieck un ouvrage, tiré de sa thèse, intitulé Le dictateur ou le dieu truqué dans les romans français et anglais de 1918 à 1984. Il reprend et prolonge cette étude importante pour mieux évaluer les processus à l’œuvre dans le traitement de la littérature et des auteurs par les dictatures et l’émergence des « littératures de résistance ».
Familier de la Roumanie, Alain Vuillemin débute cet essai avec le cas exemplaire du « dictateur roumain », qui a nourri singulièrement la littérature roumaine d’expression française de 1983 à 1998.
Il distingue dans la « littérature de résistance », née en Europe sous l’occupation allemande de 1939 à 1945 et désignée plutôt comme « dissidence » à partir des années 1960-1970, plusieurs types de littérature.
Il existe une « littérature du silence » faite d’écrits cachés, parfois de journaux intimes, chez ceux qui, ne pouvant s’exiler et refusant toute compromission, se sont repliés dans « une espèce d’émigration intérieure », prenant parfois refuge, comme le bulgare Lubomir Guentchev dans une langue autre, en l’occurrence pour Guentchev le français. Certains de ces textes silencieux furent définitivement perdus, d’autres publiés des années plus tard, souvent après la mort de leurs auteurs.
Nous trouvons aussi une « littérature de l’exil », à laquelle donnèrent vie des écrivains en exil à la fois de leur pays et de leur langue, rythmée par les drames que furent le « coup de Prague » de 1948, l’insurrection de la Hongrie en 1956, celle de la Tchécoslovaquie en 1968 et d’autres événements majeurs. A cette littérature de l’exil se rattachent de nombreux auteurs dont Ionesco, Cioran, Georghiu, Gombrowicz, Milosz…
La « littérature de la déviance » ou de la dissidence se caractérise par des formes nouvelles de contestation au sein même des pays en dictature, parfois clandestines, parfois non, selon la pression de l’étau dictatorial et la créativité des auteurs pour contourner les interdits.
La « littérature de protestation » rassemble des écrivains qui se sont élevés de manière plus évidente, parfois violente, contre les dictatures, sans avoir toujours été entendus, loin s’en faut. Ce fut le cas face au nazisme comme au stalinisme.
Toutes ces littératures portent bien entendu des paradoxes et des ambigüités, elles n’en sont pas moins une source pour comprendre les périodes concernées et une richesse sur le plan littéraire.

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La deuxième partie de l’ouvrage s’intéresse à la contestation du pouvoir à travers des auteurs comme Georges Astalos, Oana Orlea, Tudor Eliad ou encore Liliana Lazar. Ces auteurs ont traité l’inscription de la dictature dans la chair mais aussi dans les esprits, les auto-aveuglements des peuples, les métamorphoses des individus, les comportements énantiodromiques, les basculements d’une aliénation à une autre, les cicatrices cachées qui suppurent.
Avec des auteurs comme Alan Sillitoe, Michel Del Castillo, Tudor Eliad encore ou Petru Dumitriu, Alain Vuillemin aborde la question de l’exaltation du pouvoir à travers les tensions entre liberté et violence, ordre et intimité, nihilisme et altérité, totalitarisme et poésie, culpabilité et insurrection.
Les procès staliniens et leur démesure sont l’objet d’une étude particulière qui met en évidence, le grotesque officiel d’une part et la faiblesse de la vérité, qu’elle soit murmurée dans les larmes ou hurlée dans le sang. Face aux « assassinats légaux », la littérature de protestation peine même à rendre compte du gigantisme de l’arbitraire qui devient « incroyable ». La littérature des procès sommaires engendrera son complément « naturel », la littérature de l’univers concentrationnaire, on pense bien sûr à Ana Novac et Elie Wiesel, « deux témoins de l’inhumanité en Europe centrale » mais aussi, côté roumain, à Madeleine Cancicov, Lena Constanté, Oana Orlea ou Lélia Trocan.
Le lecteur ne sort pas indemne de cet essai et c’est une bonne nouvelle. De même que les auteurs de la littérature de résistance se sont heurtés, décennie après décennie, à l’indifférence, la lâcheté, la médiocrité, l’oubli, il ne faudrait pas que l’essai puissant d’Alain Vuillemin passe inaperçu car ce livre traite moins d’un passé récent que de notre présent et d’un futur sombre qui voudrait s’approcher. La littérature et particulièrement la poésie ont vocation à combattre toute forme d’aliénation et d’atteinte à la liberté. A l’heure où une fausse littérature, dissimulée sous un éphémère maquillage pailleté, cherche à endormir les peuples inféodés, il est bon de s’armer contre le processus mortifère d’exclusion – claustration – expiation.
Pour conclure son essai, Alain Vuillemin se tourne vers le mythe occidental du dictateur si vivant dans les romans français et anglais du XXème siècle et évoque, invoque même, dans les derniers mots du livre, ce principe orwellien, « une puissance de résistance qu’aucun dictateur ne réussira jamais à abattre ».
Editions Rafael de Surtis, 7, rue Saint Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel.
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